CREATION DU CORPS DE BRAVADE DE TOULON

CREATION DU NOUVEAU

CORPS DU GUET ET DE BRAVADE DE TOULON

 

Tout d'abord, un peu d'histoire locale ...

 

TOULON, Ville de la Marine, qu'elle soit "Royale" ou "Nationale". Ville de garnison et de passage de troupes françaises ou étrangères... Ville d'escale pour les navires sillonnant sous les pavillons les plus divers toutes les mers et océans du Globe ...

 

Toulon sans cesse, depuis les âges les plus lointains,a vu sa population civile intimement mélée aux gens portant uniforme, qu'ils soient français, de Métropôle ou de nos terres lointaines, qu'ils viennent de pays amis ou, en d'autres temps, de pays béligérants...

 

Etre grand port de guerre sous entend que la Cité vive aux heures réglementaires, formée à certains usages totalement étrangers aux autres communes dont l'activité et l'économie ne reposent pas sur les métiers et installations de la Défense... On disait avant " du Ministère de la Guerre" ou "du Ministère de la Marine" ...

A TOULON, le MARIN et son POMPON ROUGE font partie du décors !  D'ailleurs quel dommage que depuis quelques décennies nos "matafs" sortent en civil !!!

 

Les premières à avoir été "punies" par cette mesure de modernisme sont nos jeunes filles qui couraient à perdre haleine sur le quai du port pour "toucher le pompon" (Le rouge au mitan du Bachi bien entendu !) qui leur porterait bonheur et leur ferait peut-être rencontrer leur futur "béguin" ...

 

Enfin... qui disait "Marin" disait également "Patrouille" ... Imaginez en effet la véritable invasion qui déferlait sur le coeur de Ville à l'heure où les civils rentraient sagement (on le dit !) à la maison ... Le marin devait "tuer" le temps libre ...C'étaient alors de réelles bordées dans les bars et "restos" qui abondaient dans le "Petit Chicago" où nombre d'amitiés furtives se liaient et se déliaient en quelques minutes sur le pavé ou au fond des salles des "troquets"...

Les "Petites hôtesses" y allaient de leur science pour aguicher le chaland en goguette... Le "petit marin" quant à lui, par sentiment de solitude peut-être et pourquoi pas pour le "fun" comme on dirait aujourd'hui, quand ce n'était pas pour remporter un pari se laissait embarquer mais pas pour monter à bord à cette heure ... ou alors d'une toute autre barcasse ... Et on ne parle pas du petit moussaillon, le petit dernier auxquels les "anciens" payaient sa première expérience de "mec"... Nombreux sont ceux revenus à bord avec le "nez qui coulait" et qui  ont ensuite dégusté à l'Hôpital Sainte Anne du "petit parapluie" et passé leur convalescence " à l'hôtel cadeau"... aux frais de la marine !

 

La Patrouille quant à elle tournait, circulait et retournait... Les marins en tenue, ceinturon serré à la taille, baton blanc (véritable massue) au côté, guêtres blanches auxquelles ne manquait pas un bouton, suivaient le gradé qui dirigeait l'escouade... Et on ne rigolait pas au passage de la patrouille... Si on était mal inspiré,on le comprenait rapidement !

 

Cette équipe de police navale "hantait "également les locaux de la gare de Toulon... Les trottoirs devant l'établissement au sortir des grandes portes de la salle des pas perdus aussi bien que les quais... et malheur aux permissionnaires en partance ou de retour, souvent un peu émèchés et qui omettaient de "saluer la patrouille en gare" ... Une "engeulade" de première les remettait bien vite d'applomb; sinon c'était un petit voyage vers la geole ... et un départ beaucoup plus tardif pour la maison ou pour rejoindre le bord !

Avec le changement d'époque, il y a aussi le changement d'usages ... Les marins se font de moins en moins nombreux,.On ne les distingue plus de la population civile, le service militaire est un souvenir pour les uns, une vague idée pour les autres ... Enfin, de marins à Toulon "N'y a proun". Les temps changent, la Ville aussi. Le "petit Chicago" est maintenant refoulé au rang des histoires locales qui fleurent bon les coquineries... Cela devient "historique" ...

 

Et avec l'histoire, avec la disparition ou la requalification de quartiers entiers qui firent les "grandes heures de la petite histoire de Toulon au coeur de la Grande Histoire de France", on note plus prosaïquement la fin de tout ces petits détails qui faisaient le particularisme d'une Ville-Port et surtout d'une Ville-Port de Guerre.

Rares sont aujourd'hui les grandes escales des marines étrangères qui voyaient s'aligner des tonneaux et des tonneaux de navires de ligne au Quai d'Honneur de l'Arsenal ou amarés aux "coffres" ... Rares sont les descentes en ville de tous ces marins en tenues plus ou moins intriguantes car jamais vues ou si longtemps imaginées et jamais dévoilées ...La VI° flotte US fréquente d'autres eaux bien moins accueillantes, les Russes en mal de budget localisent leur marine prés de leurs zones d'intérêt... Même leurs petits "chalutiers" hérissés de centaines d'antennes,  et qui du 1° janvier au 31 décembre ne bougeaient pas d'un "mile" de leur mouillage en haute mer ne font plus recette et ont depuis longtemps gagné le cimetière des vieilles carcasses... Il est vrai que depuis on a modernisé les sattellites ... Pour l'espionnage de ce qu'il rste à voir, c'est plus efficace et plus discret.

Plus de patrouille donc... plus du tout, non ! certains soirs on voit se profiler à la porte de l'arsenal une petite troupe vétue comme on les aimait tellement dans le temps ... Nos petits marins et leur officier marinier reprennent du service pour un soir ... Pourquoi ? Comment ? Nul ne pourrait le dire et cela ne nous regarde pas ... mais c'est devenu assez rare pour que justement on le remarque et que l'on ait le coeur tendant à la nostalgie ... Les images du passé reviennent en force  et, sur le pavé, on se prend au jeu et "on salue la patrouille" !

 

ALLEZ ! FAISONS UN GRAND SAUT DANS LE TEMPS ... un temps pas si vieux que ca, somme toute !

1861 ... UNE FIN...

 

1861, année du grand changement aux portes de Toulon... C'est en effet en cette année que fut mis un terme à la garde armée qui surveillait et protégeait les "Portes" autorisant le passage au travers des fortifications qui entouraient Toulon, le fameux "camp retranché" ...

 

Et à l'Ambassade de Provence, nous en savons bien quelque chose puisque notre Fougaù est installé depuis plus de 40 ans au plein coeur du bastion de la Porte d'Italie, sous une vôute qui vit bien des uniformes différents au fil des âges et ce depuis le Bon Roi Henri IV ...

 

En effet, jusqu'à cette fameuse année, la PORTE D'ITALIE (que l'on avait pas encore doublée puis triplée en trouant deux redoutes pour les ouvrir au passage des véhicules de deux et quatre roues) était soumise au régime militaire (On voit encore le bâtiment d'Etat-Major et de Police, au mitan, au dessus de la porte historique).

Le matin et le soir, on assistait à des relèves de la garde, dite montante ou descendante, qui plaçait les sentinelles au passage du pont levis toujours en service jusque là. Le matin, on ouvrait la porte pour laisser pénétrer surtout les maraîchers, producteurs et grossistes ou demi-grossistes qui approvisionnaient le marche du centre Ville, pour céder le passage au "roulet" (sorte de diligence qu'ont remplacé nos transports en commun) et aux visiteurs de tous ordres qui venaient "faire affaires" en ville ... On percevait également les taxes locales (Octroi) sur les marchandises entrantes.

 

Le soir, à l'identique, on fermait la porte, On hissait le pont levis et la Ville se retrouvait ainsi calfeutrée entre ses murs protecteurs.

La garde militaire était une garde armée... et aux heures nocturnes, quand Toulon devait dormir du sommeil du juste, la "patrouille" circulait intra-muros pour s'assurer justement que personne ne viendrait troubler la légitime quiétude des toulonnais ... Et pourtant ...

 

Cette garde de l'armée régulière avait pris le relai de ce qui, des decennies plus tôt, et des siècles durant, était une troupe de "GENS D'ARMEs", armés par les Consuls de Toulon, dont les membres étaient pris parmi la population civile et qui devaient former la première "maréchaussée" ...

 

Pas d'uniforme a cette époque sinon pour le CAPITAINE DE VILLE qui, lui, était un professionnel dûment nommé, accrédité et payé par la Commune pour assurer le commandement de la troupe du Guet ...  

 

Cette troupe de surveillance et de sécurité donna ses lettres de noblesse au "CORPS DE BRAVADE" qui comptait environ 10 bouches à feu, des tromblons qui, à cette époque pouvaient faire plus de mal que de peur !!! 

 

Si la troupe du guet et de bravade fut longtemps intégrée aux manifestations traditionnelles, elle dispararut dans sa forme mémoriale lors de l'occupation de notre Région par les troupes de l'Axe. Toulon se souviendra longtemps de cette époque car elle débuta par le grand sabordage de notre flotte de marine... Des millions de tonnes d'acier, nos plus belles unités navales s'envoyèrent par le fond.

 

Au même moment, le régime mis en place par l'occcupant interdit les regroupements, les défilés, les manifestations en tout genre et bien entendu les processions religieuses qui, en Provence, ont toujours émaillé le calendrier et uni la population, toutes idéologies ou philosophies confondues.

 

Deplus, sachant que cettte troupe était armée, il fallut déposer les tromblons et autres fusils de chasse dont la détention et d'autant plus l'usage seraient désormais prohibés . Voilà qui signait la fin "définitive" des troupes de bravade, des anciens corps du guet ... "Définitive" comme les "mille ans" que devait durer le Reich !!!

 

2013 - 2014

 

RETOUR DU CORPS DU GUET ET DE BRAVADE DE TOULON

 

Veospss 16

Le projet qui est né dans la tête de l'équipe d'animation courant printemps 2013 voit sa réalisation en cette année 2014 encore naissante ... Recréer le CORPS DU GUET, le CORPS DE BRAVADE DE TOULON.

 

Comme nous l'avons déjà maintes fois explicité, l'Ambassade de Provence a initié la revitalisation de deux grandes fêtes traditionnelles qui, pour l'une la Saint Pierre est rituellement organisée dans notre Cité méditerranéenne, quand la seconde, Fête de Notre Dame de l'Annonciation le premier dimanche de l'avent, est plus spécifique à notre Ville Capitale du Var puisqu'elle s'attache à comémorer un événement qui eut lieu au coeur de notre cité à l'issue de l'abominable période de la Terreur .

 

A l'occasion de chaque grande fête religieuse,le corps de bravade est habituellement placé en tête du cortège de la procession. Depuis le retour de l'Ambassade au sien du dispositif de la Saint Pierre, notre Société offre à la Ville la participation du corps du Guet ainsi que de la musique (Fifres et Tambours). Ces deux formations nous permettent de rénouer comme il se doit avec les usages séculaires et le caractère populaire de ces événements.

Les statuts de l'Ambassade viennent d'être réaménagés pour intégrer unenouvelle section sous le titre de "Compagnie de Saint Pierre - Corps du Guet et de Bravade de Toulon". Cette section est dotée d'une bannière frappée du blason la Ville. Elle flottera désormais en tête des défilés.

 

La Capitaine de Ville a déjà fait ses premières sorties en 2012 et 2013. Il a désormais repris sa place et ses fonctions à la tête de la troupe armée.

 

averso-stp2.jpgCapitaine de ville

 

 

 

D'ores et déjà, la "Compagnie de SAINT PIERRE" est partie en ambassade vers les autres communes du département pour apporter, par la poudre, le salut de la Cité Capitale lors des fêtes locales et traditionnelles de nos petites communes varoises. 

 

Elle s'est déjà produite au profit de l'Agglomération Toulon-Provence-Méditerranée et bien entendu de la Ville de Toulon et de ses quartiers.

 

 

 

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Le Corps du Guet sur le cours Lafayette à Toulon, sur le port, au quartier des quatre chemins des routes, et Porte d'Italie face à sa Caserne

 

 

 

 

 

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